Ah, le gratin dauphinois ! Ce grand classique de la cuisine française, à la fois crémeux, fondant et terriblement réconfortant. Mais d’où vient cette alliance parfaite entre pommes de terre et onctuosité dorée ? Plongeons dans l’histoire savoureuse du gratin dauphinois.
L’histoire du gratin dauphinois, un plat royalement local

C’est dans le sud-est de la France, au cœur du Dauphiné, que l’histoire du gratin dauphinois prend racine. Nous sommes au XVIIIe siècle et un froid glacial s’abat sur la région. Les paysans et les bergers se retrouvent avec une abondance de pommes de terre fraîchement récoltées et de lait provenant de leurs troupeaux de vaches.
À cette époque, la pomme de terre, longtemps boudée car jugée toxique, commence tout juste à gagner sa place dans les assiettes françaises, grâce notamment à l’influence d’Antoine Parmentier.
Mais comment sublimer ces produits simples, nourrissants et disponibles en quantité ?
1788 : le gratin s’invite à la table des officiers
Le 7 juin 1788, alors que la Révolution commence à gronder et que Grenoble est secouée par des émeutes populaires (les célèbres Journées des Tuiles), un nom se détache : celui du duc de Clermont-Tonnerre. Haut gradé de l’armée, il joue un rôle clé en désamorçant la crise et en évitant un bain de sang dans la région.
Cependant, ce n’est pas lors d’une assemblée politique que l’histoire du gratin dauphinois tient son origine, mais lors d’un repas qu’il offre à ses officiers, à Gap, en juillet de la même année. C’est là que l’on mentionne pour la première fois cette délicieuse préparation culinaire. À la table des notables : des pommes de terre finement tranchées, cuites longuement au four avec du lait — sans fromage, comme le veut la recette traditionnelle.
Le gratin fait alors son chemin, doucement mais sûrement. Il se diffuse dans les auberges locales, grimpe les cols alpins, traverse les départements jusqu’à séduire la capitale. En 1930, un restaurant parisien baptisé “Le Gratin Dauphinois”consacre enfin ce plat du terroir comme un incontournable de la cuisine française.
Ce mélange rustique deviendra un incontournable du terroir alpin, transmis de génération en génération.
Ou préférez-vous d’abord découvrir l’histoire mythique du coq au vin ?