On vous dit tout sur l’histoire de Toulouse, d’il y a 2000 ans à aujourd’hui

On vous dit tout sur l’histoire de Toulouse, d’il y a 2000 ans à aujourd’hui

Avant d’être la capitale de l’aéronautique, Toulouse fut une cité gauloise, romaine, wisigothe, comtale, religieuse, parlementaire et marchande. Rien que ça ! Une ville en perpétuelle transformation, façonnée par les échanges, les crises, les renaissances et les grandes ambitions. Retour sur l’histoire de Toulouse.

Toulouse, 2000 ans d’histoire

Bien avant Toulouse, il y eut d’abord des occupations humaines très anciennes sur les terrasses de la Garonne. Mais c’est avec les Volques Tectosages, peuple celte installé ici à la fin du IIe siècle avant notre ère, que le territoire prend une véritable importance. Grâce à sa position stratégique, Tolosa devient alors une place active du commerce gaulois. On y échange déjà des marchandises venues de Méditerranée, d’Italie et d’Espagne.

En 106 avant J.-C., la ville passe sous domination romaine. Une nouvelle cité est progressivement aménagée sur la rive droite, à l’abri des crues, selon un plan régulier.

Toulouse devient une colonie prospère, même si peu de vestiges de cette époque subsistent aujourd’hui.

Faute de pierre en abondance, on utilise déjà largement la brique, un matériau qui marquera pour toujours l’identité de la ville.

C’est aussi à l’époque romaine que le christianisme fait peu à peu son apparition. La figure de Saturnin, Saint Sernin, s’impose durablement dans la mémoire locale. Selon la tradition, le premier évêque de Toulouse aurait été martyrisé vers l’an 250. Son souvenir est si fort qu’il façonnera l’un des plus grands monuments de la ville : la basilique Saint-Sernin, élevée bien plus tard sur le lieu de sa sépulture.

Capitale des Wisigoths, puis grande ville du Midi

Au Ve siècle, Toulouse prend une dimension politique majeure. En 418, elle devient la capitale du royaume wisigoth, l’un des premiers royaumes romano-germaniques d’Occident. Pendant près d’un siècle, la ville rayonne comme centre de pouvoir, jusqu’à la défaite des Wisigoths face aux Francs de Clovis en 507.

L'histoire de Toulouse : le Capitole
L’histoire de Toulouse : le Capitole

Après cette période, Toulouse reste un lieu stratégique. Mais c’est surtout à partir du IXe siècle, avec l’affirmation des comtes de Toulouse, que la ville entre dans une nouvelle ère. Elle devient progressivement l’une des grandes puissances du Midi médiéval. Son territoire est riche, fertile, bien placé sur les routes commerciales, et son influence dépasse largement les murs de la cité.

Aux XIe et XIIe siècles, Toulouse prospère. Le pouvoir s’y partage entre les comtes, l’Église et les élites urbaines, notamment marchandes. C’est dans ce contexte que s’affirme le rôle des Capitouls, représentants du pouvoir municipal, et que la ville consolide peu à peu ses libertés communales. En 1189, le comte Raymond V reconnaît officiellement cette autonomie municipale. Les Capitouls s’installent dans une maison commune qui deviendra, au fil du temps, le Capitole.

La ville grandit alors autour de ses grands pôles religieux. Saint-Sernin, dont la construction débute vers 1070, devient l’un de ses emblèmes. En 1096, le pape Urbain II vient consacrer la basilique, rappelant combien Toulouse compte déjà dans le paysage religieux et politique du temps.

L’histoire de Toulouse, le tournant cathare

Au début du XIIIe siècle, Toulouse se retrouve au cœur de l’un des grands bouleversements du Moyen Âge : la croisade contre les Albigeois.

La diffusion du catharisme dans le sud de la France entraîne une violente reprise en main de la part de l’Église et de la monarchie. Simon de Montfort, chargé d’écraser l’hérésie, mène plusieurs offensives contre Toulouse mais échoue à soumettre durablement la ville. En 1218, il trouve la mort lors du siège. La défaite des Cathares a entraîné l’affaiblissement du comté et a permis au roi de France de rattacher définitivement le Languedoc à la France. C’est en 1271, après la disparition du dernier comte, que Toulouse est ainsi intégrée au royaume de France. La ville conserve une partie de ses libertés municipales, mais elle change d’échelle politique : elle n’est plus la capitale d’un grand pouvoir méridional autonome, elle devient une grande ville du royaume. Les capitouls, magistrats municipaux élus, continuent toutefois d’administrer Toulouse jusqu’à la Révolution française.

Une ville de pouvoir, de foi et de grands travaux

Cette période voit pourtant Toulouse rebondir. Pour reconquérir les esprits, l’Église catholique multiplie les chantiers.

Le gothique méridional s’impose dans le paysage urbain. Le couvent des Jacobins, fondé au XIIIe siècle, en reste aujourd’hui l’un des exemples les plus saisissants. La ville souffre malgré tout des crises du temps : peste, guerre de Cent Ans, tensions religieuses et politiques. Mais elle conserve son dynamisme commercial, artisanal et intellectuel.

Le couvent des Jacobins
Le couvent des Jacobins

En 1443, elle obtient même un immense privilège avec la création du premier parlement de province après Paris, ce qui renforce considérablement son prestige. Le grand incendie de 1463 marque un tournant majeur dans l’histoire de Toulouse. La ville, en grande partie ravagée, se reconstruit progressivement et affirme encore davantage son identité de brique. Quelques décennies plus tard, elle entre dans une période de grande prospérité grâce au commerce du pastel, cette plante tinctoriale qui fait la fortune de la région. Toulouse s’embellit alors de nombreux hôtels particuliers Renaissance et gagne durablement en prestige, avant que ce commerce ne décline avec l’arrivée de nouvelles teintures venues d’ailleurs.

Retour à une certaine prospérité.

Elle reste une ville de pouvoir, dominée par son parlement, ses élites et son identité catholique très marquée. L’affaire Jean Calas, au XVIIIe siècle, en est d’ailleurs une illustration marquante : ce marchand protestant toulousain, condamné à mort à tort en 1762, devient le symbole des tensions religieuses et idéologiques de l’époque. Cette affaire inspira Voltaire pour son Traité sur la tolérance, œuvre majeure du siècle des Lumières.

Dans le même temps, Toulouse poursuit sa transformation. Le commerce du blé enrichit la région, qui devient d’ailleurs le grenier du Languedoc.  Les échanges s’intensifient et l’on entreprend de grands travaux d’aménagement. Le plus spectaculaire est sans doute la construction du Canal du Midi, décidée au XVIIe siècle. Conçu par Pierre-Paul Riquet, ce chantier colossal relie Toulouse à la Méditerranée et constitue un chef-d’œuvre d’ingénierie. Au XVIIIe siècle, la ville s’embellit encore avec ses quais, ses promenades, ses places, ses ports et ses nouveaux aménagements urbains. Le Capitole, dans sa forme actuelle, devient le symbole monumental de cette puissance. Toulouse accueille favorablement la Révolution française et s’affirme comme une ville jacobine, engagée dans les idées nouvelles. Toutefois, la réorganisation administrative du territoire lui fait perdre son rôle de capitale régionale, la reléguant au rang de chef-lieu de département.

L’histoire de Toulouse Du XIXe siècle, à l’envol industriel

Contrairement à d’autres grandes villes françaises, Toulouse entre assez tardivement dans la révolution industrielle. Longtemps, sa bourgeoisie préfère investir dans la terre et les demeures de prestige plutôt que dans les usines. Le vrai tournant vient avec l’arrivée du chemin de fer, en 1856, et la construction de la gare Matabiau. La ville s’ouvre davantage, se modernise, développe ses banques, ses grands magasins et ses nouveaux axes urbains. Mais c’est surtout au XXe siècle que Toulouse change de destin. La Première Guerre mondiale accélère son industrialisation. Le conflit, qui touche principalement le nord et l’est de la France, entraîne un repli des activités vers le sud. Bien desservie par les transports, disposant d’une main-d’œuvre abondante et de ressources énergétiques (charbon de Carmaux, hydroélectricité des Pyrénées), la ville accueille alors des industries stratégiques, notamment dans la production de poudre et d’armement.

Puis, en 1917, l’industriel Pierre-Georges Latécoère implante à Toulouse une activité de construction aéronautique. Quelques années plus tard, il développe depuis la ville des lignes postales aériennes vers l’Espagne, l’Afrique puis l’Amérique du Sud : c’est le point de départ de la grande aventure de l’Aéropostale. En 1927, cette épopée donne à Toulouse une dimension mythique. Avec Didier Daurat, Mermoz et Saint-Exupéry, la ville entre dans l’histoire de l’aviation mondiale. Cet élan ne cessera plus. Après la guerre, Toulouse voit s’installer ou se développer les grands noms de l’aéronautique, jusqu’à devenir avec Airbus l’une des capitales européennes du secteur, puis une référence mondiale dans l’aéronautique et le spatial.

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