Visiter le Gers : la Lomagne, un air de Toscane

Visiter le Gers : la Lomagne, un air de Toscane


À cheval sur le Gers et le Tarn-et-Garonne, la Lomagne est une région naturelle de Gascogne façonnée au fil des siècles par ses terres agricoles et ses villages perchés. Ancienne vicomté au patrimoine riche, elle séduit aujourd’hui les voyageurs en quête d’authenticité. Visiter la Lomagne, c’est découvrir une autre facette du Gers.

La Toscane française

La Lomagne nous dévoile des paysages vallonnés d’une douceur qui fait du bien au cœur. C’est ici que le Gers mérite pleinement son surnom de « Toscane française ».

Depuis toujours, la Lomagne vit au rythme de la terre. Ses sols argilo-calcaires, fertiles et généreux, ont façonné son identité agricole. Aujourd’hui encore, près de 80% du territoire est consacré aux surfaces cultivées. On y trouve notamment des céréales, des vergers, du melon de Lectoure, et surtout, l’ail blanc de lomagne, devenu l’une des emblèmes de la région.

Mais la Lomagne n’est pas qu’un paysage nourricier. C’est aussi une terre d’histoire. Les traces gallo-romaines et médiévales ponctuent le territoire. Au fil de la visite, on découvre de belles bastides, des châteaux et forteresses et des églises romanes et pigeonniers de pierre disséminés dans la campagne.

Perchés sur des promontoires stratégiques, les villages dominent les vallons et offrent un décor unique. À Lectoure, à Fleurance, à Saint-Clar, la vie s’anime autour d’un marché, d’une terrasse ou d’une fête gourmande.

Lectoure, ville chargée d’histoire

Lectoure se dresse sur les hauteurs de la Lomagne et veille depuis des siècles sur ses collines. Depuis cette position dominante, la vue s’ouvre largement sur la vallée du Gers. Ce village perché, visible à des kilomètres à la ronde, donne immédiatement le ton. Ici, les vieilles pierres racontent un passé glorieux.

L’histoire de Lectoure remonte à l’époque celtique, lorsque le promontoire était occupé par un oppidum, habitat fortifié dominant la vallée. Ancienne cité gallo-romaine et l’une des trois villes antiques du Gers, la cité s’est développée au fil des siècles. Elle a donc laissé derrière elle un patrimoine d’une richesse remarquable. Remparts, anciens hôtels particuliers, fontaines, palais épiscopal ou l’Ancien château des Comtes d’Armagnac témoignent de ce passé prestigieux qui lui a valu le titre de « Cité d’Art et d’Histoire ».

Impossible de manquer la Cathédrale Saint-Gervais, monument gothique emblématique de la ville. À proximité, l’ancien palais épiscopal (actuel hôtel de ville) abrite le musée archéologique. En flânant dans la ville, on découvre la fontaine de Diane, l’ancienne Tannerie royale, les hôtels particuliers de la rue Nationale ou encore l’Ancien château des Comtes d’Armagnac (qui aujourd’hui accueille le Village des Brocanteurs, l’un des lieux incontournables de la région).

Pour découvrir la ville autrement, plusieurs visites guidées sont proposées : cœur historique, montée au clocher de la cathédrale, circuit des remparts aux flambeaux ou balades contées en été. Lectoure est également la ville du pastel. Sur place, vous trouverez facilement les informations sur l’histoire de cette plante tinctoriale qui fit la richesse du Midi au XVIe siècle. Chaque été, la ville accueille l’Été Photographique, festival dédié à la photographie contemporaine.

Lectoure, ville thermale

Installés dans l’ancien hôtel particulier de Goulard, magnifique demeure classée du XVIIIe siècle, les Thermes de Lectoure comptent parmi les plus beaux établissements de France. L’eau minérale puisée à 1000 mètres de profondeur est reconnue pour ses bienfaits rhumatologiques et ostéo-articulaires.

Le melon de Lectoure

De mi-juin à mi-septembre, le melon de Lectoure s’invite sur les marchés gersois. Développée à grande échelle dès les années 1950, sa culture profite pleinement des coteaux argilo-calcaires et du climat ensoleillé de la région. De type charentais à chair orange, il séduit par sa douceur et son parfum équilibré. En 2004, il obtient la Certification de Conformité Produit (CCP), reconnaissant la qualité de sa production locale. D’ailleurs chaque année, en août, la ville célèbre la Fête du Melon !

Visiter la Lomagne dans le Gers : Fleurance, bastide vivante

Au cœur de la Lomagne gersoise, Fleurance est une bastide fleurantine construite sur une butte et dessinée avec rigueur.

Il y a plus de 700 ans, le territoire de Fleurance, alors couvert d’une forêt de chênes, dépendait du comté de Gaure. En 1272, le seigneur Géraud de Cazaubon fonde, avec Eustache de Beaumarchais, une bastide destinée à devenir la nouvelle capitale du comté. Comme toutes les bastides du Sud-Ouest, Fleurance répond à un objectif précis. Celui d’encourager le commerce par l’organisation de foires et de marchés, regrouper les populations et affirmer un pouvoir politique et économique. Construite sur la butte de Montaglon selon un plan régulier en pentagone, la ville s’organise autour d’une place centrale. Son nom rend hommage à Florence, en Italie : « Florencia floruit, floret semperque florebit » ; Fleurance a fleuri, fleurit et fleurira toujours.

Impossible de manquer la vaste place centrale où trône la halle-hôtel de ville. Avec ses sept arcades par côté, son balcon, son fronton et son campanile, elle demeure l’élément architectural central de la bastide. Aux quatre angles de la halle, quatre statues-fontaines en fonte bronzée représentent les saisons. À quelques pas, l’église Saint-Laurent impressionne par ses dimensions. De style gothique méridional, bâtie entre le XIVe et le XVIe siècle, elle associe brique et pierre dans une architecture typique du Sud-Ouest. Fleurance est aujourd’hui la quatrième ville du Gers en population. Son dynamisme se retrouve dans ses nombreuses festivités : carnaval, saison culturelle riche et surtout le célèbre Festival d’Astronomie.

La Romieux, classé  » Plus Beaux Villages de France « 

La Romieu apparaît comme une halte hors du temps au cœur de la campagne gasconne. Étape majeure sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce village de pierre claire mêle spiritualité et patrimoine.

Son histoire débute au XIᵉ siècle, lorsque deux moines de retour d’un pèlerinage à Rome fondent ici un prieuré. Le village se développe autour de cette « sauveté », zone de refuge destinée à protéger pèlerins et habitants. Au XIVᵉ siècle, l’enfant du pays, Arnaud d’Aux, transforme profondément le village. Il fait édifier entre 1312 et 1318 un remarquable ensemble collégial composé d’une église, d’un cloître, de deux tours et d’un palais. La collégiale Saint-Pierre devient le cœur monumental de La Romieu. Les guerres de Religion puis la Révolution marquent des destructions, mais la collégiale est préservée. Classée Monument Historique au début du XXᵉ siècle, elle est inscrite depuis 1998 au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle. Vous pouvez également accéder au sommet et découvrir un panorama remarquable sur la campagne environnante.

Autour de la place aux arcades, vestiges de remparts et ruelles pavées composent un décor harmonieux qui invite bien volontiers à flâner. À quelques minutes du centre, les Jardins de Coursiana, classés « Jardin Remarquable », nous offrent plus de six hectares de jardins thématiques, rosiers et arboretum. Chaque année, le festival Musique en Chemin anime le village autour de concerts et de rencontres culturelles.

Le village des chats

Selon la légende, une jeune orpheline nommée Angéline sauva des chats lors d’une famine au Moyen Âge. Lorsque les récoltes revinrent mais que les rats menaçaient les greniers, les chats qu’elle avait protégés sauvèrent le village. Dans les années 1990, le sculpteur Maurice Serreau, tombé amoureux du lieu, rend hommage à cette histoire en sculptant des chats de pierre disséminés dans les ruelles. Aujourd’hui encore, ils observent les visiteurs depuis les fenêtres, les portes et les places du village.

Visiter la Lomagne dans le Gers : Saint-Clar, le village aux arcades

Dès le XIᵉ siècle, le village se concentre autour de la vieille église et de deux châteaux dans le quartier du Castet Bielh. Ce noyau médiéval forme le cœur originel de Saint-Clar. En 1274, une bastide est fondée par partage entre Édouard Ier d’Angleterre et l’évêque de Lectoure Géraud de Monlezun. Elle adopte le plan caractéristique des villes nouvelles du Moyen Âge : un quadrillage régulier de rues à angles droits organisé autour d’une place centrale. Saint-Clar n’est cependant pas une bastide comme les autres. Elle possède deux places à arcades, ou « cornières », fait rarissime dans le Sud-Ouest, ainsi que deux centres historiques distincts : le Castet Bielh à l’ouest et la bastide au nord-ouest. Au fil des siècles, le village se fortifie, se rétracte, puis s’étend à nouveau. Aujourd’hui encore, la morphologie médiévale reste parfaitement lisible dans le tracé des rues et l’implantation des maisons.

Le cœur du village bat autour de ses deux places à arcades. Sous la halle aux piliers de bois, classée Monument Historique, se tient le marché hebdomadaire du jeudi matin. L’hôtel de ville et son petit clocher ajouté au sommet du bâtiment complètent cet ensemble pittoresque. Dans le quartier du Castet Bielh, la vieille église Sainte-Catherine conserve sur son mur, plusieurs anciennes niches funéraires creusées dans la pierre. Flânez dans les ruelles étroites, notamment la mystérieuse rue des Ânes Brûlés, découvrez le Jardin des Quatre Saisons, puis empruntez le chemin de ronde pour profiter d’une vue remarquable sur la vallée de l’Arratz et les coteaux environnants.

Visiter la Lomagne dans le Gers : Saint-Clar

© Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International
Visiter la Lomagne dans le Gers : Saint-Clar
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Visitez la Maison de l’Ail

Considérée comme sa capitale, la commune voit pousser dans ses terres une grande partie de l’ail blanc consommé en France. À la Maison de l’Ail, ouverte en saison, producteurs passionnés partagent l’histoire de cette culture emblématique et les secrets de sa production, de la tresse traditionnelle aux usages gastronomiques.

Villages confidentiels, monuments et marchés

Des ruelles fleuries, des maisons en pierre claire, des places paisibles et cette impression de tomber sur un village confidentiel. Parmi les plus attachants : Miradoux, L’Isle-Bouzon, Avezan, Flamarens, Tournecoupe, Marsolan, Castéra-Lectourois, Saint-Avit-Frandat. Autant d’étapes parfaites pour une pause photo, une terrasse, ou un détour improvisé.

Le Château de Plieux : l’un des derniers exemples de château gascon. Ce château du XIVe siècle domine la campagne depuis sa colline. Ancienne forteresse pensé à l’origine pour la défense, il a accueilli pendant un temps un centre d’art contemporain avant de fermer au public. Il reste tout de même un monument incontournable du territoire.

Pigeonniers, moulins, lavoirs : au détour des chemins, ces “petits monuments” façonnent le décor. pigeonniers, anciennes tours symboles de richesse des propriétaires, moulins témoins de l’activité agricole, et lavoirs où battait autrefois la vie du village.

Les marchés :

  • Fleurance, le mardi avec le grand marché et le samedi matin avec le marché de producteurs ;
  • Saint-Clar, le jeudi matin avec le marché sous la halle, une tradition qui remonte au Moyen Âge. Et une fois par an : la Thonade, grande fête gourmande autour de l’ail (le 26 août 2026) ;
  • Lectoure, le vendredi matin ;
  • Miradoux,  le samedi matin.

Cet article est un extrait de notre guide pour visiter le Gers. Découvrez-le gratuitement.