Votre dose d'anecdotes historiques sur Montpellier

Votre dose d’anecdotes historiques sur Montpellier

Aujourd’hui, on vous embarque à la rencontre d’anecdotes historiques sur Montpellier. Préparez-vous à découvrir la ville sous un autre angle. Car dans la cité, de nombreux lieux cachent une histoire singulière.

Le premier saut en parachute depuis la Tour de la Babote : légende ou réalité ?

On ne va pas laisser le suspense durer bien longtemps. Oui, le premier saut en parachute a bien eu lieu depuis la Tour de la Babote à Montpellier. C’est d’ailleurs l’une des anecdotes historiques les plus célèbres de la ville.

Mais avant de vous raconter la véritable histoire de cet exploit, revenons sur l’origine de la Tour de la Babote.

Construite au XIIᵉ siècle, elle faisait partie des vingt-cinq tours de l’enceinte fortifiée qui protégeait la ville médiévale. Haute de 26 mètres, elle servait alors de poste de surveillance et de défense. Au XVIIIᵉ siècle, son destin prend une tournure plus scientifique. En effet, en 1740, les États du Languedoc autorisent la création d’un observatoire astronomique au sommet de la tour. Elle devient, en 1745, un haut lieu de recherche où astronomes et savants viennent observer les étoiles et expérimenter de nouvelles découvertes. Aujourd’hui encore, elle demeure l’un des derniers témoins des anciennes fortifications de Montpellier. C’est aussi un symbole du passé scientifique de la ville.

Le saut, ou pas, de Sébastien Lenormand

C’est donc ici, dans ce lieu dédié à l’observation du ciel, que travaille Louis-Sébastien Lenormand, physicien montpelliérain né en 1757 et passionné d’expérimentation. En 1783, il met au point un dispositif destiné à sauver les personnes piégées dans les étages d’immeubles en feu : le « parachute ». Un mot qu’il est d’ailleurs le premier à utiliser.

La légende raconte que le 26 décembre 1783, Lenormand se serait élancé du haut de la Tour de la Babote sous les yeux émerveillés de la foule, suspendu à une sorte de grand parapluie. Cette scène est devenue si célèbre qu’une plaque commémorative l’évoquait autrefois au pied de la tour.

Pourtant, les historiens nuancent largement cette version. Selon les recherches les plus récentes, Lenormand aurait bien réalisé des essais depuis la tour, mais avec des poids et de petits animaux (chiens et chats) placés dans des paniers adaptés. Rassurez-vous, aucun accident ne fut déploré lors de ces expériences. En revanche, lui-même aurait seulement testé son invention en sautant depuis un arbre.

La célèbre illustration du saut spectaculaire n’a d’ailleurs été réalisée qu’en 1868, soit près de 85 ans après les faits. Si l’histoire a probablement été embellie au fil du temps, elle n’en reste pas moins remarquable. C’est bien à Montpellier qu’est née l’idée du parachute moderne, une invention qui sauvera par la suite d’innombrables vies.

Anecdotes historiques sur Montpellier : la Tour de la Babote

Saint-Roch : un héros, un chien et une eau qui rend malade

Si vous passez rue de la Loge, rien ne laisse deviner qu’une curieuse anecdote historique sur Montpellier se cache derrière la caisse d’un magasin de chaussures. Pourtant, au fond de la boutique Erbé, se trouve le puits Saint-Roch, un vestige méconnu du patrimoine montpelliérain.

Son nom fait référence à Saint Roch, l’enfant le plus célèbre de Montpellier. Né vers 1349 dans une famille aisée de la ville, il devient orphelin à seulement 17 ans. Ses parents furent malheureusement emportés par la peste. Il choisit alors de renoncer à sa fortune pour se consacrer aux plus démunis. Il part donc en pèlerinage à Rome. Sur les routes d’Italie, alors que la peste fait des ravages, il consacre sa vie à soigner les malades. Son dévouement lui vaut une immense réputation, mais il finit lui-même par contracter la maladie.

Pour ne contaminer personne, il se retire dans les bois où, selon la légende, un chien lui apporte chaque jour du pain tandis qu’une source d’eau jaillit miraculeusement pour lui permettre de survivre. Guéri contre toute attente, il reprend sa route vers Montpellier.

Mais à son arrivée près de la frontière italienne, les conflits qui agitent la région le font passer pour un espion. Arrêté et emprisonné, il passe cinq années dans sa cellule avant de mourir le 16 août 1379. Son culte se répand rapidement dans toute l’Europe et il devient le saint protecteur invoqué lors des grandes épidémies. Aujourd’hui, l’église Saint-Roch conserve précieusement plusieurs reliques qui lui sont associées, notamment un tibia et son bâton de pèlerin. Et chaque année, le 16 août, une procession et la traditionnelle bénédiction des chiens lui rendent hommage dans l’église.

C’est pourquoi Roch devient l’un des saints les plus populaires d’Europe. Mais aussi le protecteur des malades, des pèlerins et des chiens.

Le puits Saint-Roch

C’est en souvenir de cette histoire qu’une réputation miraculeuse s’est développée autour du puits Saint-Roch. Pendant longtemps, les habitants venaient y puiser de l’eau, convaincus qu’elle pouvait soulager de nombreux maux. La croyance était si répandue que le lieu est devenu une véritable curiosité locale. Malheureusement, la réalité s’est révélée beaucoup moins divine que prévu. Avec le temps, on s’est aperçu que cette eau prétendument miraculeuse provoquait surtout de sérieux désagréments digestifs. Disons que les visiteurs repartaient souvent avec autre chose qu’une guérison.

Aujourd’hui, le puits est toujours visible derrière la caisse du magasin de chaussures, mais son eau n’est évidemment plus consommée.

Anecdotes historiques sur Montpellier : le Jardin des Plantes et l’arbre aux messages

Anecdotes historiques sur Montpellier : le Jardin des Plantes et l’arbre aux messages
Anecdotes historiques sur Montpellier : le Jardin des Plantes et l’arbre aux messages

Impossible d’évoquer Montpellier sans traverser son Jardin des Plantes. C’est le véritable poumon vert de la ville et le plus ancien jardin botanique de France.

Fondé en 1593 sous l’impulsion d’Henri IV et confié au botaniste Pierre Richer de Belleval, il est pensé dès l’origine comme un lieu d’expérimentation et de savoir. Inspiré des grands jardins italiens, notamment celui de Padoue, il devient rapidement un modèle pour les jardins botaniques européens.

Véritable musée vivant de plus de quatre siècles d’histoire, il reste un lieu d’étude et de transmission. Et il se prête bien volontiers à quelques balades.

Mais au détour des chemins ombragés se cache une curiosité : l’arbre aux messages. Aussi appelé la boîte aux lettres des amoureux. Il s’agit d’un filaire à larges feuilles, un spécimen exceptionnel âgé de plus de 400 ans. Il est considéré comme l’un des plus vieux connus en France. Contrairement à son apparence habituelle d’arbuste, celui-ci atteint près de 2,70 mètres, ce qui en fait un cas unique. Avec le temps, son tronc s’est creusé et constellé de petits trous naturels, transformant l’arbre en support idéal pour accueillir des messages. La tradition s’est installée spontanément. Des générations de visiteurs viennent y glisser des vœux, des rêves ou des déclarations d’amour, convaincus que leurs souhaits finiront par se réaliser. Ainsi, au cœur d’un jardin scientifique et historique, cet arbre singulier est devenu un symbole poétique.

La Promenade du Peyrou et la statue de Louis XIV : légende, naufrage et étriers introuvables

La Promenade du Peyrou et la statue de Louis XIV
Anecdotes historiques sur Montpellier : la Promenade du Peyrou et la statue de Louis XIV

Perchée sur l’un des points les plus élevés de Montpellier, la promenade du Peyrou n’a pas une histoire banale.

Son nom vient de l’occitan peirou, qui signifie “pierreux”, en référence à cette ancienne colline battue par la tramontane, autrefois couverte de garrigue. À la fin du XVIIe siècle, les États du Languedoc décident d’y aménager une place royale à la gloire de Louis XIV, après avoir écarté d’autres emplacements jugés trop étroits en ville. Les travaux débutent en 1689 sous la direction d’architectes proches de l’entourage royal, avec l’idée d’offrir au Roi-Soleil un écrin monumental hors les murs, ouvert sur les Cévennes et les Pyrénées. Il était en effet d’usage que les villes françaises se parent d’une place pour honorer leur roi. 

L’histoire de la statue équestre du roi soleil

L’arc de triomphe est érigé en 1691, puis la grande statue équestre du roi est commandée pour compléter cet ensemble spectaculaire. Mais l’histoire de la statue de Louis XIV du Peyrou est digne d’une véritable épopée. Réalisée à Paris, la première version est achevée au début du XVIIIe siècle et entame un long voyage vers Montpellier par les voies d’eau. Transportée par bateau à travers fleuves, rivières et canaux, elle tomba même dans la Garonne lors d’une étape à Bordeaux. Après près de dix mois de périple, elle arrive finalement en 1718, soit 3 ans après la mort du roi.

La Révolution française mettra brutalement fin à sa présence. La statue est détruite et le bronze fondu pour fabriquer des canons. Celle que l’on voit aujourd’hui date de 1838 et reprend l’esprit de l’œuvre originale (mais tout de même deux fois plus petite), dans une représentation inspirée des empereurs romains. Et c’est là que naît l’une des anecdotes les plus tenaces du Peyrou : l’absence des étriers.

Selon la rumeur, le sculpteur aurait commis une erreur en oubliant de les représenter, certains allant même jusqu’à inventer une fin tragique pour l’artiste. En réalité, rien de tout cela. La statue adopte volontairement les codes de l’Antiquité, notamment ceux des représentations de Marc Aurèle, où les étriers n’existaient tout simplement pas. Le roi est ainsi figuré comme un empereur romain triomphant, et non comme un cavalier moderne. Une confusion persistante mais qui ne résiste pas à l’histoire de l’art.

La Tour des Pins : la prédiction de Nostradamus

Dominant encore aujourd’hui le paysage montpelliérain, la Tour des Pins est l’un des derniers témoins des anciennes fortifications de la ville. Tout comme la Tour de la Babote, elle faisait autrefois partie d’un ensemble impressionnant de vingt-cinq tours destinées à protéger Montpellier.

Avec le temps, elle a traversé les époques et les usages. Abandonnée dans sa fonction militaire en 1592, elle devient tour à tour habitation, prison sous la Révolution, puis même asile de jeunes filles repenties au début du XIXe siècle, avant d’accueillir successivement des congrégations religieuses puis les archives municipales.

Mais ce qui fait la renommée de la Tour des Pins dépasse largement son histoire architecturale. Son nom viendrait de deux pins qui auraient poussé à son sommet. Une curiosité naturelle née de la terre accumulée entre les pierres de sa plateforme. Cette singularité a nourri l’imaginaire local, au point d’être associée à une célèbre prédiction attribuée à Nostradamus, alors lié à Montpellier par ses études de médecine.

Il aurait annoncé que « lorsque les pins disparaîtront, la cité périra ». La légende a alors marqué les esprits. Lorsqu’en 1828 l’un des arbres tomba, la ville s’émut aussitôt, avant de le remplacer pour conjurer le sort. Depuis, les pins sont entretenus avec soin, régulièrement remplacés, le dernier renouvellement remontant à 1960, comme pour défier une prophétie que Montpellier n’a jamais vraiment prise à la légère.

Anecdotes historiques sur Montpellier : la plus belle histoire d’amour de la ville

Anecdotes historiques sur Montpellier : la plus belle histoire d'amour de la ville
Anecdotes historiques sur Montpellier : la plus belle histoire d’amour de la ville

Au sud de Montpellier, sur les rives de la Méditerranée, naît la légende de Maguelone et Pierre, une histoire d’amour médiévale mêlant passion, épreuves et miracles.

Pierre, comte de Provence, entend parler de la belle Maguelone, fille du roi de Naples, et entreprend un long voyage pour la rencontrer. Lorsqu’il arrive enfin à sa cour, il remporte un tournoi organisé en son honneur et est invité à la table royale, où il découvre Maguelone. Le coup de foudre est immédiat. Les deux jeunes gens se rapprochent en secret et décident de s’enfuir pour vivre leur amour. La belle étant promise à un autre homme.

Mais leur destin bascule au bord de la mer lorsqu’un oiseau dérobe le collier de Maguelone. Dans sa poursuite, Pierre tente de rejoindre un rocher sur lequel l’oiseau a fait tomber le collier aux trois anneaux d’or. Mais les flots le submergent et l’emportent au large. Séparés, les amants suivent alors des chemins d’épreuves.

Pierre est sauvé par un navire, passe par l’Égypte où il est fait prisonnier avant d’être libéré grâce à ses faits d’armes, tandis que Maguelone, restée sur les côtes languedociennes, s’installe sur une île où elle attend inlassablement son retour. Elle y fonde une église et un hôpital, consacrant sa vie aux malades et à la prière.

Après de longues années, Pierre, laissé échoué sur une île, est secouru par des pêcheurs et conduit dans un hôpital. Vous devinez lequel ?

Malgré le temps et les épreuves, les deux amants se reconnaissent et se retrouvent enfin. Aujourd’hui encore, la presqu’île de Maguelone conserve la mémoire de cette histoire, notamment à travers sa cathédrale où se trouve un tombeau de marbre associé à la légende, appelé le tombeau de Maguelone. 

Cette légende fait partie des grands récits qui ont façonné l’identité de la région montpelliéraine. Pour prolonger la découverte, vous pouvez consulter notre guide pour visiter Montpellier, ainsi qu’écouter le podcast de l’Office de tourisme de Montpellier consacré à l’histoire de la ville.